Médiator : Irène Frachon reçoit le prix de l’Ethique 2011 lors du salon des Maires

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Salon des Maires et des Collectivités le 24 novembre 2011, prix organisé par la Lettre du Cadre Territorial (Groupe Moniteur). Mise à jour 28/11/2011, revue de presse en bas de ce post.

Irène Frachon nous a touchés au cœur par son témoignage lors de la cérémonie de remise du Prix de l’Ethique 2011 au “village territorial.

Elle se désigne comme “une femme ordinaire a qui il est arrivé une chose extraordinaire”.

Son expérience, sa vigilance, une source indépendante d’informations médicales, la perception d’une entreprise “potentiellement délinquante”  et aussi une valeur simple inculquée lors de l’enfance : “c’est mal de donner aux malades un médicament qui tue”, montre à quel point un combat majeur peut être engagé par quelqu’un d’ordinaire.

Bien évidemment, le rappelle t’elle, elle ne fut pas seule. Des collègues, des rencontres déterminantes, un éditeur indépendant, le relai politique opportun d’un député ont permis de faire éclater un scandale sanitaire majeur en France dont les répercussions ne sont pas encore complètement connues.

Après Florence Aubenas (lauréate en 2010 pour son livre “Le quai de Ouistreham” et présidente du jury 2011), les membres du jury du prix de l’Ethique ne pouvaient que se féliciter d’offrir une tribune à une professionnelle de santé qui a placé sa conscience au dessus de tout.

Son prix, elle l’a dédié aux victimes du Médiator.

lire son interview dans la Gazette santé social

Le texte introductif de la remise du prix :

Prix de l’Ethique 2011

Mme la Présidente du jury, chers collègues membres du jury, chers collègues, mesdames, messieurs,

Ce prix de l’éthique est le fruit d’une volonté d’un groupe de la presse professionnelle des collectivités territoriales et de professionnels des collectivités.

J’ai le plaisir, en tant que membre de ce jury, d’ouvrir à nouveau cette remise de prix et j’ai le devoir de formuler ce propos introductif au nom des 1 800 000 agents des collectivités qui œuvrent au côté des élus locaux pour apporter les services nécessaires aux habitants de nos communes et aussi pour mettre en œuvre ce que l’on appelle la solidarité de proximité avec et aux côtés du mouvement associatif.

J’indiquais l’année dernière que : « Cette solidarité de proximité tente de répondre par des solutions locales à des désordres globaux et essaye de rompre les spirales de marginalisation : pas de travail, pas de logement, pas d’accès aux soins, pas d’accès au savoir. »

Je précisais aussi que : « Nous sommes pourtant la 5ème puissance économique mondiale et le sentiment de fragilité domine dans nos quartiers pudiquement qualifiés de difficiles… »

Un an après, nous pouvons constater que les français sont inquiets et pessimistes.

La crise de la dette des états est passée par là, le printemps arabe aussi, printemps qui, même s’il est symbole de liberté pour les peuples opprimés, en cet automne fait peur aux européens car il change la donne et nul ne sait où cela va nous mener.

Et puis aussi Fukushima, symbole de l’impuissance technologique des hommes face au déchainement de la Nature toute puissante.

Cette année le prix de l’Ethique va symboliser par sa lauréate, le fait que la fatalité n’est pas inéluctable.

Pour le combat des peuples, je pourrais citer un ancien Président de la république qui a dit qu’”Un dictateur n’a pas de concurrent à sa taille tant que le peuple ne relève pas le défi”.

Mais pour elle, qui symbolise le combat individuel, je souhaite rappeler que, au dessus du devoir d’obéissance, au dessus de la discrétion ou du secret professionnel, il y a la conscience d’un individu.

Cette conscience, si elle est juste, peut décider librement d’écouter sa conscience professionnelle, de suivre son intuition, d’enquêter et argumenter sans relâche pour dénoncer l’inacceptable. C’est le propre des esprits libres, qui ne cherchent pas la satisfaction de leurs egos et qui entrent en combat pour la défense de l’intérêt général face à la toute puissance de certains intérêts particuliers.

En cela, tous ceux qui défendent les valeurs du Service public se reconnaissent.

« Servir, sans se servir ni asservir » n’est probablement que notre seul devoir et cette maxime devrait être inscrite juste en dessous de notre devise républicaine « Liberté, Egalité, Fraternité ».

Emmanuel Cattiau,

Membre du jury du Prix de l’Ethique 2011

voir : http://www.facebook.com/pages/lalettreducadrefr/174466605979944

http://www.lettreducadre.fr/uploads/Newsletters/newsletter-LDC_1080_1322237255.html

L’article de la Lettre du cadre territorial du 15 décembre 2011 en pdf et l’article sur le site.

Une vidéo de la lauréate et du jury et quelques photos dans un diaporama musical.

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DGS d'une commune de 9 000 habitants (surclassée 10 à 20 000)
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2 réponses à Médiator : Irène Frachon reçoit le prix de l’Ethique 2011 lors du salon des Maires

  1. Tiph dit :

    J’ai regardé le documentaire sur Arte diffusé il y a peut-être 15 jours, qui montre bien l’engagement de cette femme médecin dans ce mic-mac agaçant.
    Bon choix de la récompenser !!!

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